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© 2017 MPieR's World 

Samedi le 25 novembre 2017, 52 ans (moins un jour) après la performance de Joseph Beuys « How to Explain Pictures to a Dead Hare », Crocuta crocuta citric relance cet artiste légendaire en s’appropriant cette œuvre qu’elle intitule à son tour « Comment expliquer sa pratique artistique à un lapin au chocolat au lait — Une fausse commandite de Lindt Lindor / How to Explain Art Work to a Milk Chocolat Bunny – Phony Sponsorship by Lindt Chocolat Shop […] ».

 

Cette performance parodique s’affilie aux intentions de Bueys dans l’optique de diffuser et d’élargir la définition de l’art tout en mettant de l’avant l’obsession occidentale pour les normes de classement ainsi que l'hyper-intellectualisation des signes menant à la fabrication de symboles et de mythes qui modifient les rapports de pouvoirs.

Dans cet ordre d'idée, MPieR propose l’art comme un moyen queer d’ébranler l’épistémologie de différents domaines en promouvant son instabilité et de sa mobilité définitionnelle. Elle se questionne sur les normes actuelles en art – celles établies par les institutions muséales et académiques entre autres — prescrites à l'artiste. Il lui demande d'être toujours conscient de ses gestes et des symboles qu'il utilise en maîtrisant l'écriture et la divulgation auprès des lieux artistiques alimentant ainsi une économie intellectuelle et élitiste.

En ce sens, MPieR s’approprie et détourne le symbole du lièvre de Beuys en le reliant à l’effigie récurrente du Trickster issue des contes amérindiens. Elle parodie le geste de Beuys en racontant son art à un lapin-friandise afin de pousser à son paroxysme l’absurdité de la divulgation de son processus artistique en ayant pour objectif d’ingérer son interlocuteur pour qu’il garde à jamais le secret de l'élaboration du projet – tout comme le secret de la Caramilk™!

Tout comme Beuys, l’importance des mots, des discours touchent la pratique de MPieR. Elle tient fortement aux discussions avec les publics puisqu’elle s’intéresse à l’impact direct qu’ils ont sur sa pratique, et par le fait même, sur sa vie. Les rencontres et les entretiens avec les spectateurs-acteurs servent à réfléchir sur son œuvre, sur son identité et les genres qu’elle incarne par alternance. Le récit des individus finit par s’incruster dans sa propre histoire et modifier les appréhensions, par exemple, de la définition d’« Art ».

Appropriation-performative

 

 "How to Explain Pictures to a Dead Hare"

 

– Joseph Beuys 26 November 1965, Galerie Schmela à Düsseldorf.

 

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