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Les concepts incorporés, incarnés...

Artiste-Trickster-Hyène-AdulescentE,
en ordre... ou dans le désordre

Règles du jeu:

 

Cet amalgame de termes interchangeables constitue une appellation hybride qui réunit par des traits d'unions les facettes indissociables de la permutation d'identités du sujet-artiste MPieR.

Extrait du manifeste CriticisMe :
 
J'incarne la trangression de vos croyances binaires.
Je suis le désir et l'indésirable.
Ma pratique est celle de l'indiscipline.
[...]

Le terme Artiste réfère à son statut d'ordre professionnel qui l'associe au monde de l'art et le rallie à ses pairs de manière à obtenir une reconnaissance qui lui permet de subsister et de poursuivre ses activités artistiques. Ce jeu institutionnel et culturel lui permet l'accès à des sources de financement afin de développer des projets d'ordre théoriques et plastiques ciblant des publics spécifiques, pour partager un savoir.

D'une part, elle considère, tout comme Dickie, que « l’art n’est pas vraiment une institution, mais bien plutôt une tradition culturelle ou une pratique sociale » qui se modifie en suivant les idéologies dominantes (Shusterman, 1991, p.61). Par ailleurs, elle croit que l’identité de l’artiste répond à ce même principe de mouvance, suivant les différents paradigmes selon les époques et en constante revendication pour assurer sa légitimation auprès d’autrui. En ce sens, elle suggère que le domaine artistique, l'artiste et sa production sont des solutions émancipatrices pour déjouer les représentations binaires.

Le Trickster est un personnage ambigu tiré des mythes autochtones jouant avec la morale humaine. Cette entité permet de juxtaposer des antinomies ainsi que de créer de la cohérence à partir d'éléments contradictoires. Il représente un « entre-deux » situé à la limite des possibles identitaires.

La Hyène tachetée (Crocuta crocuta) représente d'abord une figure hors des normes dominantes en plus de référer aux dichotomies qui habitent l'artiste MPieR, et qui sont vécues artistiquement comme de violentes pulsions de vie et de mort - Éros/Thanatos (Freud). Cet animal fait encore l'objet de préjudices causés historiquement par des préjugés occasionnés par l'incompréhension de ses comportements et de sa physionomie particulière. Pour ne donner qu’un exemple, l'absence de dimorphisme sexuel entre les individus mâles/femelles a engendré des mythes d’hermaphrodisme entendu comme abject dans la cosmologie des Anciens (Brottman, 2012). Le nom de cet animal est même devenu, dans l’histoire, une insulte afin d’interpeller une femme qui tient tête aux hommes, étant donnée l'hiérarchie matriarcale de la hyène ainsi que les comportements violents entre les membres de son clan (ibid.). Ces nombreuses disqualifications d'ordre masculiniste, patriarcal et hétéronormative mettent ainsi l’accent sur des comportements perçus comme négatifs sans présenter leur bons côtés. Par exemple, on ignore - ou du moins on ne diffuse pas dans les médias - ses grandes aptitudes de chasseresse, ses capacités d’adaptation à l’environnement, son intelligence collaborative, ses modes de communications élaborés, sa curiosité, etc. (Kruuk, 1976; Brottman, 2012). La culture populaire (et folklorique) fait plutôt circuler par des mythes son côté exclusivement charognard, sa vie nocturne, son attitude mesquine, opportuniste ou peureuse, son agressivité, etc.). Sa constitution hybride, considérée monstrueuse dans l'imaginaire collectif, constitue également des préjugés qui placent toutes ses qualités de côté.

En utilisant cette représentation surprenante, l'objectif est de conscientiser les gens aux bagages culturels sous-jacents à certaines interpellations déterminées par les idéologies dominantes. Ainsi, cet animal permet de mettre en lumière la persistance de l'Homme à travers les époques et les cultures à vouloir « biologiser »  les termes tels que femmes/hommes (men/women, mann/frauen, Otoko/On'na, etc.);  féminin/masculin (feminity/masculinity, männlich/weiblich, Dansei/Josei, etc); mâles/femelles (male/female, männlich/weiblich, Dansei/Josei, etc.) omettant nécessairement les connotations culturelles qui ne réfèrent pas à une seule et unique chose de manière strictement binaire (Mosconi, 2016 ; Peyre, 2015).

Quant à l'AdulescentE, elle s’approprie comme désignation la phase développementale de l’adolescence qui perdure à l’âge adulte. Elle incarne un statut insaisissable, libérateur des désirs érotiques - plaisirs/déplaisirs en terme psychanalytique - qui s’inscrit dans un constant processus d’élaboration de soi.

 

Ce terme est connoté de manière péjorative par les auteurs qui l'emploient en référent aux jeunes « de 24 ans et au début de la trentaine [et même jusqu’à 40 ans] qui cherchent à devenir psychologiquement autonomes » (Anatrella, 2003 ; Le Breton, 2013). Adulescent réfère également aux jeunes qui manquent de confiance en eux, de maturité, ayant une difficulté à « différencier [leur] vie interne de celle extérieure » (Ibid.). De plus, il est plus souvent associé aux garçons (2013, p.70) qui sont portés à référer davantage à leur ressenti et à leur imaginaire qu’à la réalité du monde extérieur (2003).

 

Pour MPieR, l'appellation « AdulescentE » met l'emphase sur les forces des deux termes: « adolescent » réfère positivement au côté « contestataire/revendicateur » de celui-ci qui tente de sortir de l’emprise de l’autorité « parentale » pour assumer son indépendance. « Adulte » souligne l'équilibre, la maturité, l'esprit critique qui lui sont attribués dans le sens commun. 

 

Elle questionne ce que peut-être la réalité imaginée par une AdulescentE, ni totalement femme-adulte, ni enfant prépubère, mais les deux à la fois. Est-ce possible d'amoindrir le décalage entre réalité et fiction pour correspondre davantage aux valeurs, aux besoins et aux désirs des jeunes actuels? Quels peuvent être leurs désirs? MPieR entrevoit l'insatisfaction et la curiosité de l'adolescence comme un moteur productif qui puisse mener à un ActivisMe questionnant les identités et les idées reçues de ce que c'est d'être « humain ».

Le statut de Femme est un état que l'artiste a vécu dans une perspective négative tout au long de ses expériences de vie. Il faisait implicitement et explicitement partie d'un contrat social d'ordre masculiniste, androcentrique, patriarcal et hétéronormatif.

La prise de conscience du mal-être engendré par les préjugés défavorables à son genre a défini sa volonté d'existence, c'est-à-dire de déjouer les rôles sociaux prescrits en s'appropriant les règles des systèmes.

La Femme artiste considère que le « genre », qui est directement en lien avec le caractère biologique sexuel, agit comme un déterminisme contraignant en encodant la culture et les privilèges de chacun. Elle vise donc à déjouer les représentations en s'appropriant et en détournant les codes pour lutter contre la « violence symbolique » (Bourdieu, 1980 ; Landry, 2006)  des stéréotypes provenant de la décontextualisation des traditions dans l'espace et le temps.  

Les paradoxes engendrés par la figure de la « femme », à la fois divisée et rassemblée par des préjugés telles que « reproductrice » et de « séductrice » (Badiou, 2017), en d'autres termes, à la fois « sainte et pute » (Hall, 2008), sont des éléments pour indigner la gente féminine et conscientiser les hommes sur des asymétries révoltantes.

Le héros, l'antihéroïne et le Trickster du monde de l'art contemporain
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